Autorité ou autoritarisme : un débat au cœur de la gouvernance en Mauritanie. Cette confusion entre autorité et autoritarisme mérite d’être clarifiée.
En Mauritanie, la question de la gouvernance revient avec insistance. Face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux, certains faucons de la politique mauritanienne appellent à un pouvoir plus dur, estimant que l’autoritarisme garantirait l’ordre et l’efficacité. Les entraves à la liberté d’expression, l’injustice et le deux poids deux mesures dans les décisions judiciaires, administraves et politiques sont légion pour le confirmer. Heureusement il y’a tous ces partisans de l’autorité qui font contre poids à ces faucons et qui estiment que l’autorité est d’abord une question de légitimité. Elle s’exerce dans le cadre des lois et des institutions, et repose sur la confiance des citoyens. Un État fort n’est pas nécessairement un État qui réprime, mais un État qui fait respecter les règles tout en protégeant les droits. Continuer la lecture

Je constate une grande avancée positive, significative, dans l’esprit de nombre de mauritaniens, surtout les plus jeunes, concernant la nécessité de régler définitivement le douloureux passif humanitaire. Le pays est beaucoup moins crispé et un « nous » collectif pour cette voie salutaire s’impose de plus en plus dans les discussions que je constate moins polémiques et stériles.
Me voici de retour. En effet, le 10 du mois en cours, j’avais promis de revenir sur le contenu des discours révolutionnaires de Son Excellence le Président de la République lors de sa visite dans le Hodh Echarghi.

Il est un fait que nul discours, si vigoureux soit-il, ne pourra occulter : la discrimination demeure la gabegie originelle, le terreau de tous nos particularismes, la source première des fractures qui minent notre cohésion nationale depuis l’indépendance.
Dans sa réponse qui m’est adressée, le professeur Mohamed Ould Saleck, président du Conseil national du Parti UFP, mobilise l’argumentaire ethnolinguistique pour affirmer que les Haratines seraient simplement un appendice démographique socialisé dans la communauté arabo-berbère sans singularité historique. Il engage un glissement dangereux : celui qui consiste à utiliser la langue et la culture comme outils de dissolution d’une condition sociale forgée par des siècles de domination. Ce procédé n’est pas inédit. Les anthropologues l’ont souvent observé lorsqu’une élite cherche à légitimer la hiérarchie existante en la présentant comme naturelle.