Le Calame : Les mauritaniens viennent d’élire leurs conseils municipaux, régionaux et leurs représentants au Parlement. Quels enseignements avez-vous tirés de ce triple scrutin ?
Khalilou Dedde : Avant tout, je vous remercie pour l’occasion que vous m’offrez pour commenter les résultats des élections du 13 mai.
Pour qu’il y’ait élections dignes de ce nom, il faudrait impérativement accréditer un certain nombre de préalables dont la transparence, la liberté et l’équité, principes fondateurs qui ont fait malheureusement défaut, de mon point de vue, au simulacre du triple scrutin du 13 mai. Oui, une nouvelle assemblée, de nouveaux conseils municipaux et régionaux sont en train de s’installer, mais la question qui mériterait d’être posée est surtout par quel mécanisme ceux qui s’y placeront ont-ils été élus ? Continuer la lecture



Les meurtres de Soufi Cheine en Février dernier, ceux d’Oumar Diop, le 29 Mai à Nouakchott, et de Mohamed Lemine, le lendemain à Boghé, révèlent un profond malaise au sein de la société mauritanienne. Non seulement en ce que les rapports entre la police et, plus généralement, les forces de l’ordre se sont fortement dégradées, mais aussi qu’au sein de la communauté nationale, l’indignation soit devenue si sélective. Lors de l’assassinat de l’activiste Soufi au commissariat de Dar Naïm 2, on avait pourtant observé une mobilisation générale des associations de défense des droits de l’Homme, hommes d’affaires et acteurs politiques, sans distinction d’ethnie. Pour enrayer la grogne qui enflait, le gouvernement et la justice qui avaient tout d’abord tenté d’accréditer le suicide ou la mort accidentelle avaient dû reculer. 