Pourquoi ne pas accorder les mêmes chances de repentance à tout le monde ?

Identité haratine : ce que vous refusez de voir Mohamed Echriv Echriv, Par Mohamed  Daoud Imigine | Association des Haratine de Mauritanie en EuropeLe président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, vient de décider la libération de prisonniers salafistes, au motif qu’ils se seraient repentis après avoir suivi un long et fastidieux processus de rééducation sous la conduite de nos vénérés oulémas. Cette démarche, présentée comme une expérience réussie, aurait permis jusqu’à présent au système politique mauritanien de préserver le pays des affres du terrorisme après des années de braise. On ne peut que s’en féliciter, pour autant qu’elle continue de produire les mêmes effets d’apaisement.

Cependant, cette démarche ne manque pas de susciter de sérieuses interrogations, d’autant que les bénéficiaires de cette mesure sont des terroristes radicaux et endurcis, impliqués dans la mort et les blessures de plusieurs militaires, policiers et civils.
Si la menace qu’ils représentent continue de susciter nos craintes, pourquoi ne pas les laisser purger leurs peines jusqu’à leur terme, dès lors qu’ils ont été régulièrement jugés, après avoir reconnu et assumé leurs actes ou avoir été appréhendés sur les lieux mêmes du crime ?
Pourquoi le crime terroriste perpétré au nom du fanatisme religieux bénéficierait-il d’un traitement plus attentif que les infractions de droit commun ou les délits d’opinion ?
Si cette démarche, désormais érigée en véritable expertise de la repentance, constitue un moyen aussi efficace de réinsertion, pourquoi réserver cette expérience aux seuls détenus condamnés pour terrorisme et ne pas l’étendre aux autres prisonniers, quelles que soient les infractions commises ? Le pays y gagnerait en sécurité, et les bons offices de nos vénérés oulémas seraient moins sélectifs.

Mohamed Daoud Imigine

Le 20 juin 2026