La banalisation des crimes d’esclavage accentue ses pratiques en Mauritanie
Protagonistes :
Présumés coupables : Hamoud Elvil
Prétendus parents de la victime : Vatimetou Mamadou et Mohamed Habib M’Bareck et son épouse Kebada
Victimes : Hacen Mohamed Mahmoud alias Jibril Mohamed (11ans)
Plaignante : Roughaya Chedad
Procureur : Cheikh Baye
Commandant de la brigade de gendarmerie : Leylily Mohamed Hacen
Juge d’instruction : Moctar Mohamed
Le jeudi 11 octobre 2023, une mission d’IRA conduite par le responsable de l’action de protection des droits de l’homme Abdallahi Abou Diop, accompagné de Mohamed Laghdaf Néma s’est rendue au Brakna (région située au sud-est de Nouakchott). Cette mission répond à l’appel au secours de madame Roughaya Chedad qui les informa que son fils disparu depuis 5 ans a été retrouvé avec le bourreau-esclavagiste du nom de Hamoud Elvil qui l’exploitait ; il s’agit de l’enfant mineur Hacen Mohamed Mahmoud âgé de 11 ans et qui s’appelle désormais Jibril Mohamed Continuer la lecture

À quelques semaines de l’échéance fatidique, la mobilisation contre l’enrôlement jugé « discriminatoire » et « raciste » ne faiblit pas. Jeudi 9 Novembre à Nouakchott, devant le centre d’enrôlement de la Polyclinique, et un peu partout à l’étranger, des activistes se sont réunis pour alerter sur les artifices utilisés dans les centres d’enrôlement pour empêcher les populations de s’inscrire : absence de réseau Internet ou des cadis dans les tribunaux départementaux, jugements non conformes, centres fermés…


Dans une session organisée le mardi 7 Novembre 2023, la Cour spéciale chargée de juger les crimes d’esclavage de Néma a rendu trois verdicts dans des affaires où des mauritaniens étaient accusés de pratiques esclavagistes. Pour deux de ces dossiers (RP 022/93 et 022/94), le tribunal a décidé de les renvoyer pour complément d’informations. Pour le troisième (RP015/33),qui avait déjà fait l’objet d’un jugement en 2015, la cour a accepté, dans la forme, l’opposition présentée par l’avocat de la défense mais condamné néanmoins l’accusé Itewel Oumrou ould Eyde à une peine de dix ans de prison dont sept fermes, assortie d’une amende de 200.000 MRU. Le tribunal a aussi émis un mandat d’arrêt à l’encontre de celui-là absent à l’audience. Selon maître Fall Abdel Aziz, avocat constitué par l’organisation SOS Esclaves en tant que partie civile : « C’est vraiment regrettable que les accusés ne soient jamais présentés devant les juridictions sous prétexte qu’ils sont introuvables, alors que je suis sûr qu’ils rôdent dans les parages et qu’aucun effort n’a été fait pour les retrouver » 