Acharnement judiciaire contre la défenseuse des droits humains Mariem Cheikh

Acharnement judiciaire contre la défenseuse des droits humains Mariem Cheikh Le 21 avril 2020, la défenseuse des droits humains Mariem Cheikh a été accusée de « propos racistes par voie des réseaux sociaux » par le procureur de la République de Nouakchott Ouest.

Si elle est reconnue coupable, elle risque jusqu’à un an de prison et une forte amende. Elle a été placée sous contrôle judiciaire et doit désormais se présenter chaque semaine à la Direction Générale de la Sûreté Nationale.

Mariem Cheikh est une défenseuse des droits humains et membre de l’ONG Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA), qui vise à éradiquer les pratiques d’esclavage.

Elle est une blogueuse connue en Mauritanie pour ses articles dénonçant l’exclusion économique, culturelle et sociale des descendants d’anciens esclaves qui sont privés de leurs droits humains fondamentaux.

Le 13 avril 2020, Mariem Cheikh a été arrêtée par la police à Riadh, dans la banlieue de Nouakchott. Elle a été séparée de son bébé alors qu’elle allaite encore, et détenue dans les locaux de la Direction Générale de la Sûreté Nationale. Son lieu de détention est resté inconnu jusqu’au 16 avril, date à laquelle son mari a été autorisé à la rencontrer, mais seulement pendant dix minutes et en présence de la police. Le même jour, Mariem Cheikh a été autorisée à voir son avocat. Malgré une récente opération chirurgicale, la défenseuse des droits humains s’est vue refuser une consultation médicale.

Mariem Cheikh a seulement été informée des accusations portées contre elle 8 jours après son arrestation. Le 21 avril 2020, elle a été présentée devant le procureur de la République de Nouakchott Ouest. Son avocat n’avait pas été informé de l’audience à l’avance. Il n’a pu s’y rendre qu’après avoir reçu un appel du mari de la défenseuse qui a appris l’existence de l’audience le jour même.

En outre, Mariem Cheikh n’a pas pu signer le procès-verbal préparé par la police. Elle a été accusée de « propos racistes par voie des réseaux sociaux » en vertu de l’article 23 de la loi de 2016 sur la cybercriminalité. Si elle est reconnue coupable, elle pourrait être condamnée à un an de prison et à une amende pouvant aller jusqu’à 2 000 000 ouguiyas (environ 49 420 euros). La défenseuse a été placé sous contrôle judiciaire. Elle est désormais tenue de se présenter chaque jeudi à la Direction Générale de la Sûreté Nationale. Sa première audience au tribunal n’a pas encore été fixée.

Front Line Defenders est très préoccupée par la détention arbitraire de Mariem Cheikh, son placement sous contrôle judiciaire et les accusations portées contre elle.

Front Line Defenders estime que Mariem Cheikh a été prise pour cible en raison de ses activités pacifiques et légitimes en faveur des droits humains et de l’exercice de son droit à la liberté d’expression, car elle publie régulièrement sur les médias sociaux des articles dénonçant l’exclusion économique, culturelle et sociale des descendants d’anciens esclaves privés de leurs droits humains fondamentaux.

Source : Front Line Defenders