Pour bien comprendre ce dont il est ici question, il convient de rappeler les faits.
Le 13 Décembre 2010, l’IRA-Mauritanie, d’autres associations et partis politiques anti-esclavagistes se sont rendus au Commissariat de Arafat 1 ( Nouakchott ) pour signaler des pratiques esclavagistes qui s’exercent sur deux fillettes: Salma Mint Salem et Oum El Ide mint Salem Tayvour.
Au commissariat, une altercation eut lieu entre les policiers et les militants anti-esclavagistes parmi lesquels figurait Birame Ould Dah Ould Abeid, Président de l’IRA-Mauritanie.
Ce cas d’esclavage est le fait de Mme Bekkar Vall, fonctionnaire de la Banque Centrale de Mauritanie, institution étatique. Continuer la lecture

Après plusieurs décennies de combat politique contre le système qui a méthodiquement organisé l’exclusion de la composante africaine noire mauritanienne sans répit, il y a comme une malédiction qui frappe nos élites politiques et intellectuelles à assumer leurs responsabilités.
Esclavage: des renversements de rôles
Une grande part du budget de l’Etat est dilapidée, au-delà de la surfacturation et des marchés de gré à gré, dans les missions pour assister à des réunions à l’étranger. Ces missions sont financées par le budget des « dépenses communes », dont le montant a augmenté de manière significative, ces dernières années. Géré par le secrétariat général du gouvernement, ce chapitre budgétaire sert à couvrir des dépenses de prestige, tels que les voyages officiels de cols blancs et autres cadres supérieurs de l’Etat, qui arrivent ainsi à «gagner », de manière discrète, l’équivalent d’un an de salaire pour financer ces escapades à des fins de villégiature et de shopping.
Au cours d’une manifestation de jeunes de Maghama, le 27 septembre 2011, au sud-est de la Mauritanie contre un recensement biométrique, considéré comme discriminatoire contre les populations négro-africaines, un jeune du nom de Lamine Mangane, âgé de 16 ans, est fauché par une balle tirée par les forces de l’ordre.
Les anmaras sont en général des esclaves, ou esclaves affranchis, mais jouissant d’une certaine liberté leur permettant de louer leurs services à d’autres. Leur situation quotidienne ne diffère en rien de celle des esclaves servant sous la tente de leurs maîtres. Pour les corvées d’eau et les tâches domestiques, c’est l’affaire de la très aimable, jeune servante Jabhalla. En 1968, le père Elmoctar me demanda de faire le déplacement à la Chamama où résident les demi-maîtres de Jabhalla pour la ramener chez nous afin d’effectuer le trimestre programmé pour nous.