Les arrestations arbitraires et le harcèlement judiciaire visant des militants abolitionnistes suscitent une vive inquiétude en Afrique de l’Ouest et au-delà. En Mauritanie, mais aussi en France, plusieurs défenseurs des droits humains dénoncent une stratégie visant à réduire au silence ceux qui combattent l’esclavage par ascendance. Le cas de Diko Hanoune s’inscrit dans un contexte plus large de pressions exercées contre les voix dissidentes. Continuer la lecture
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Esclavage et mémoire globale : la résolution ONU 2026 face aux vérités inachevées et aux silences historiques, pour en finir avec les angles morts de l’histoire
L’histoire de l’esclavage n’est pas un passé clos : elle constitue l’une des matrices les plus profondes des inégalités contemporaines. Elle a façonné des hiérarchies raciales, structuré des économies, redessiné des continents et inscrit dans la durée des systèmes de domination dont les effets sont encore visibles aujourd’hui. L’adoption, le 25 mars 2026, par l’Assemblée générale des Nations Unies, d’une résolution qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage des Africains de crime le plus grave contre l’humanité, ne relève donc pas d’un simple acte symbolique. Elle marque une rupture dans le récit international dominant, en reconnaissant enfin Continuer la lecture
Une résolution de l’ONU appelle à des réparations pour les « torts historiques » causés par l’esclavage
Voici le lien pour consulter l’article : https://news.un.org/en/story/2026/03/1167199
Source : Nations Unies
L’ONU réclame des réparations pour les « torts historiques » de l’esclavage
La résolution, portée par le Ghana, a recueilli 123 voix pour. Trois pays — l’Argentine, Israël et les États-Unis — ont voté contre, et 52 se sont abstenus.
« Aujourd’hui, nous nous rassemblons dans une solidarité solennelle pour affirmer la vérité et ouvrir la voie à la guérison et à la justice réparatrice », a déclaré le président du Ghana, John Dramani Mahama, s’exprimant avant le vote au nom du Groupe africain, fort de ses 54 membres — le plus vaste bloc régional au sein des Nations Unies. Continuer la lecture
Le 6 mars ou la mémoire humiliée des Haratines
Le 6 mars est censé être, en Mauritanie, la Journée nationale de lutte contre l’esclavage. Instituée en 2016, elle devait symboliser l’engagement de l’État à éradiquer définitivement les séquelles de cette pratique abolie en 1981 et criminalisée par la loi de 2015 comme crime contre l’humanité.
Mais cette année encore, la célébration s’est déroulée dans une discrétion presque gênée, avec une représentation officielle minimale, donnant le sentiment d’une commémoration organisée à contrecœur, presque en catimini. Une telle attitude ne peut qu’interroger sur le degré réel d’intérêt et de considération que le régime accorde à cette journée, et au-delà, aux victimes de l’esclavage et aux Haratines de manière générale. Continuer la lecture
Mauritanie : arrestations, détentions et poursuites judiciaires arbitraires contre huit défenseur·es des droits humains anti-esclavagistes
L’arrestation et la détention arbitraire de six membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), organisation mauritanienne engagée dans la lutte contre l’esclavage, dont une journaliste, ainsi que de deux lanceuses d’alerte, constituent des actes de harcèlement judiciaire en lien direct avec la dénonciation d’un cas d’esclavage d’une mineure à Nouakchott. L’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, un partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), condamne ces arrestations et poursuites et appelle à la cessation immédiate de toute forme de répression à l’encontre des défenseur·es des droits humains, en particulier celles et ceux luttant contre l’esclavage en Mauritanie. Continuer la lecture
Mauritanie à Genève: entre diplomatie normative et indicateurs préoccupants

61e session du Conseil des droits de l’homme à Genève
Par Cheikh Sidati Hamady
Expert en Droits des CDWD( Gfod). Chercheur associé Spécialiste des Discriminations Structurelles, Analyste, Essayiste.
Le 25 février 2026, devant la 61e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Sid’Ahmed Ely Benane, a présenté un tableau résolument positif de la situation des droits humains en Mauritanie. Il a décrit les droits fondamentaux comme un « choix souverain », solidement ancré dans la Constitution, structuré par la Stratégie nationale 2024-2028 et porté par les réformes du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Selon lui, ces droits s’articuleraient avec le développement socio-économique et une gestion « équilibrée » des migrations et de la sécurité au Sahel.
Pourtant, derrière ce discours officiel se cachent des réalités préoccupantes : la persistance de l’esclavage et des pratiques analogues, la vulnérabilité extrême de larges pans de la population, la répression des lanceurs d’alerte et la limitation de la liberté d’expression, dénoncées par des rapports indépendants et des mécanismes internationaux. Continuer la lecture
Le Commissaire aux Droits de l’homme réaffirme à Genève l’engagement ferme de la Mauritanie envers les valeurs de justice, de dignité et d’égalité
رد الشيخ سيداتي حمادي على ولد بكار: عندما يتشقق الطلاء التحليلي: تشريح كتيب مقنع بشكل سيئ في علم السياسة

Réponse de Cheikh Sidati Hamady à Ould Bakkar : « Quand le vernis analytique craque : autopsie d’un pamphlet mal déguisé en science politique »
Il existe une différence fondamentale entre l’analyse politique et la polémique approximative. La première exige méthode, rigueur conceptuelle, maîtrise des références et confrontation des faits, tandis que la seconde se contente d’effets rhétoriques, d’accusations suggestives et d’un habillage pseudo-analytique. L’opuscule belliqueux signé Mohamed Mahmoud Ould Bakkar prétend appartenir à la première catégorie, il relève malheureusement de la seconde. À la lecture attentive de sa charge contre Biram Dah Abeid, une évidence s’impose : l’auteur mobilise le vocabulaire de la science politique sans en maîtriser les outils, substitue l’insinuation à la démonstration et confond loyauté nationale avec silence critique. Ce n’est pas seulement une divergence d’opinion, c’est une faiblesse méthodologique manifeste. Continuer la lecture


Le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Sid’Ahmed Ely Benane, a souligné que les droits de l’homme en Mauritanie constituent un choix souverain, fruit d’une volonté nationale forte, d’une constitution garantissant les libertés et d’une vision réformiste progressant sereinement sur la voie d’une réforme cumulative fondée sur l’auto-évaluation, l’ouverture aux partenariats et le renforcement des institutions nationales.