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Inondations au sud de la Mauritanie : Services minimum des autorités

Inondations au sud de la Mauritanie : Services minimum des autorités

A l’instar des pays de la sous-région, la Mauritanie a connu durant le mois d’octobre des périodes d’inondation qui ont causé d’énormes dégâts matériels. Ainsi, les wilayas du Guidimakha, du Gorgol, du Brakna et du Trarza ont été touchées à suite de pluies abondantes dans les pays de la sous-région et du lâcher d’eau depuis le barrage de Manantali.

Des dizaines de milliers de personnes vivant dans les localités de la vallée du fleuve Sénégal, sur une étendue de 700 kilomètres, subissent un désastre majeur causé par les inondations.

Face à cette situation, les autorités ont assuré le service minimum. Pas de déclaration d’état de catastrophe naturelle, pas de mobilisation à la hauteur des défis, encore moins d’assistance importante au vu des pertes subies par les populations. Et ce ne sont pas les visites folkloriques de quelques responsables à grand renfort de couverture médiatique qui soulageront les populations sinistrées.

Des épisodes climatiques de plus en plus violents, des inondations de plus en plus courantes

Pourtant le bassin du fleuve Sénégal est nettement plus réputé pour sa sécheresse que pour ses épisodes pluvieux. Mais la récurrence avec laquelle les inondations frappent désormais chaque année la région interpelle.

Les inondations sont désormais une habitude en période d’hivernage. Dans la région de Matam, de l’autre côté du fleuve, des ponts ont été détruits, des routes coupées, des maisons englouties et des récoltes perdues. Des épisodes récents et violents qui résonnent comme un écho local aux craintes globales exprimées par les experts du GIEC dans leur rapport achevé en avril dernier.

L’histoire contemporaine de la région semble illustrer parfaitement les risques qui pèsent sur certaine population à cause du réchauffement climatique. Et elle montre aussi comment les aléas climatiques peuvent soumettre les habitants à de fortes contraintes structurelles.

La grande sécheresse des années 70 à 90 a poussé les populations locales à s’installer sur les rives du fleuve. La reprise de la pluviométrie vers le milieu des années 90, conjuguée à l’apparition de précipitations violentes ces dernières années, mettent désormais ces mêmes localités face à des dangers importants.

D’après les experts du GIEC, l’augmentation globale des températures devrait pousser les aléas climatiques à l’extrême. Les sécheresses deviendront de plus en plus brutales, les tempêtes de plus en plus virulentes, les précipitations de plus en plus intenses…

Dans une région marquée par des périodes de sécheresse aggravée, la hausse des températures devrait encore amplifier l’urbanisation à proximité des cours d’eau et des littoraux. Ce qui aura pour effet, si rien n’est maîtrisé, d’exposer de plus en plus d’habitants à des inondations violentes, destructrices et pouvant même être meurtrières.

S’adapter durablement au changement climatique

On mesure donc ici l’importance qu’il y a à ne pas reproduire les schémas du passé et d’inclure le changement climatique dans la réflexion autour du développement durable au Sahel.

D’autant plus que ces accidents ne sont pas non plus une fatalité. De nombreuses inondations auraient pu être évitées avec des infrastructures adaptées, telles des bassins de rétention ou des digues solides facilitant l’écoulement des eaux de pluie.

En tout état de cause, les populations riveraines du fleuve Sénégal font face à une situation sans précédent. De nombreux villages ont été inondés, causant la destruction d’habitations, des pertes de récoltes et de bétail, et plongeant les habitants, déjà en situation précaire, dans une immense détresse.

Le 6 novembre 2024
Propos recueillis par Sikhousso
Source : L’Eveil Hebdo – Mauritanie

Mauritanie. L’école républicaine : l’école des pauvres ?

Mauritanie – L’école républicaine : l’école des pauvres ?

L’agenda politique de ces cinq dernières années octroie une place de choix au projet de réforme du système éducatif national. La loi 2022-023 portant loi d’orientation du système éducatif national consacre cette volonté de semer les graines d’un nouveau type de mauritanien et d’une nouvelle Mauritanie. Continuer la lecture

Unité de l’opposition : Le pari de Biram

Ça bouge depuis quelques mois au sein de l’opposition ! Plusieurs de ses leaders tentent, après une présidentielle marquée par leur incapacité à se réunir autour d’un seul candidat, se retroussent les manches pour « recoller les morceaux », en quelque sorte. Parmi ces acteurs, l’ex-candidat de la coalition « Biram président 2024 » et toujours président du parti non reconnu RAG : Biram Dah Abeïd. Le contexte politique est particulièrement favorable. En effet, en dépit de la contestation des résultats du scrutin de Juin dernier – en premier chef par ledit candidat – et des bisbilles entre celui-ci et le président de l’UFP, l’offre de dialogue du président réélu Mohamed Cheikh Ghazouani a contribué à décrisper la scène politique. Biram qui n’avait pas hésité à évoquer une « crise post-électorale » a su prendre, à la grande surprise de beaucoup, la main tendue de son adversaire dont il ne reconnaissait pas la victoire.

En attendant de trouver un format pour le projet lancé par le président Ghazouani, les membres de la coalition « Biram président 2024 » ont entrepris de restructurer leur mouvement afin d’y réunir tous les acteurs « anti-système ». L’idée avait été déjà lancée à la Continuer la lecture

Investir dans l’agenda de la prévention en Mauritanie afin de réduire la pauvreté multidimensionnelle

Mansour Ndiaye Représentant Résident, PNUD – Mauritanie
© PNUD Mauritanie / 2024


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e rapport mondial sur la pauvreté multidimensionnelle 2024 : Quelles leçons pour la Mauritanie ? 

Le 17 octobre 2024, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI) ont dévoilé leur dernier rapport sur la pauvreté multidimensionnelle, qui offre une évaluation plus complète de la pauvreté au-delà de la simple mesure monétaire. Ce rapport, dont la publication coïncide avec la Journée Mondiale de Lutte contre la Pauvreté se concentre particulièrement sur l’impact des conflits sur la pauvreté, et ses conclusions sont particulièrement pertinentes pour un pays comme la Mauritanie.

La pauvreté multidimensionnelle touche plus d’un milliard de personnes et affecte surtout les enfants

Le rapport de cette année couvre 112 pays représentant une population totale de 6,3 milliards de personnes. Il révèle que 1,1 milliard de personnes sont affectées par la pauvreté Continuer la lecture

Crues du Fleuve Sénégal : Que d’eau !

La saison des pluies tire vers sa fin. Les précipitations baissent d’intensité mais les eaux du fleuve continuent à sortir de son lit, via surtout ses affluents, pour inonder toutes les plaines du Walo et envahir les villages riverains, semant le désarroi chez leurs habitants. Maisons submergées ou carrément démolies, champs ravagés et engloutis, Continuer la lecture

Contribution : La fierté  » Soninkaxu  » en questions

ImageConnu pour être le peuple qui dirigea l’empire du Ghana (wagadu) entre 5ème et 11ème siècle, les soninkos se trouvent principalement dans 4 pays Ouest-africains (La Mauritanie, Le Mali, Le Sénégal et La Gambie).
En dehors de ces pays d’origine, des fortes diasporas sont présentes dans plusieurs pays (En Europe, En Amérique et En Afrique centrale). Islamisés depuis plusieurs siècles, les soninkos s’accrochent à leurs coutumes et traditions ancestrales qui régissent leur vivre-ensemble. Par ce fait, dans l’imaginaire collectif soninké, on peut constater une fierté quasi hautaine par la qualité d’être soninke.
Notre modeste travail de réflexion consistera de disséquer cette fierté Soninkaaxu dans son aspect culturel, social-politique et religieux. Continuer la lecture

Mauritanie: inondations, immense détresse dans la vallée du fleuve Sénégal

À la suite de pluies abondantes dans les pays de la sous-région et du lâcher d’eau depuis le barrage de Manantali (ouvrage commun aux États de l’OMVS), des dizaines de milliers de personnes vivant dans les localités de la vallée du fleuve Sénégal, sur une étendue de 700 kilomètres, subissent un désastre majeur causé par les inondations. Du côté mauritanien du fleuve, quatre régions sont touchées : Guidimakha, Gorgol, Brakna et Trarza. Continuer la lecture

Pour réussir notre condition humaine

Peut être une image de 1 personne et sourire
« La condition humaine », roman célèbre d’André Malraux sur le conditionnement du destin de l’homme.
Aujourd’hui, un événement presque anodin remet en cause brutalement le destin de notre pays. Il s’agit de la grève générale décidée par les syndicats de l’enseignement privé sur tout le territoire national.
Jusqu’en 1985 l’école publiqueaccueillait tous les enfants sans aucune discriminationraciale ou sociale. Continuer la lecture

Passions d’un engagement (34): « Le virage ou le carrefour 24 ».Par Ahmed Salem Ould El Mokhtar (Cheddad)

Ou tout simplement: « Rraba wa eliichrine »
Un autre paradoxe a marqué la politique de Ould Haidalla. Malgré l’ampleur de l’aide internationale dont avait profité notre pays dans le cadre de la lutte contre la sécheresse, au plan politique et surtout économique, le gouvernement de Ould Haidalla a bénéficié de peu de soutien au niveau extérieur. On pourrait bien se demander pourquoi la Mauritanie de Haidalla n’a pas réussi à trouver un terrain d’entente avec les institutions financières internationales, notamment la Banque Mondiale et le FMI? J’ignorais franchement les raisons. Continuer la lecture