Le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences, Tomoya Obokata, a effectué une visite en Mauritanie du 4 au 13 mai 2022. Il s’est rendu à Nouakchott et à Nouadhibou. Le principal objectif de cette visite était d’évaluer les progrès réalisés par la Mauritanie dans l’élimination de l’esclavage depuis la visite de la précédente titulaire du mandat, en particulier en ce qui concerne l’exécution de la feuille de route pour l’application des recommandations du Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences, en vue d’éliminer les pratiques relevant de l’esclavage, adoptée par les autorités en 2014 sur la base des recommandations formulées par la précédente Rapporteuse spéciale.
Le Rapporteur spécial constate que la Mauritanie a réalisé des progrès considérables s’agissant de renforcer son cadre juridique et institutionnel afin de prévenir et combattre l’esclavage. Il fait cependant observer que l’esclavage par ascendance persiste dans certaines régions du pays, tout comme d’autres formes contemporaines d’esclavage, et appelle l’attention sur plusieurs domaines dans lesquels les esclaves et les personnes sorties de l’esclavage, ainsi que leurs descendants, sont victimes d’exclusion sociale, économique et politique. Il recommande que, dans la continuité des progrès accomplis par le pays et compte tenu des problèmes qu’il reste à résoudre, les autorités prennent des mesures en vue de compléter la législation existant en matière de lutte contre l’esclavage et d’en renforcer l’application, de lutter contre les formes contemporaines d’esclavage et d’éliminer la discrimination à l’égard des victimes.
Rapport A/HRC/54/30/Add.2 à lire ici : UN – Rapport spécial sur l’esclavage en Mauritanie (2023)



Depuis l’avènement de la démocratie, qui a ouvert la voie à une expression plus libre et explicite des aspirations politiques, une large frange des masses populaires victimes de l’esclavage… notamment dans les grands centres urbains s’est reconnue dans les idéaux du mouvement El HOR (Organisation pour la Liberation et l’Emancipation des Haratines) et s’est naturellement organisée autour de la figure de Messaoud Ould Boulkheir.
Dans un article récemment publié, le président de la Cour pénale spécialisée dans la lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic illicite de migrants en Mauritanie, Sidi Mohamed Cheina, dresse un bilan optimiste après cinq mois d’activité de cette juridiction créée par la loi n°039/2024. Il évoque des résultats satisfaisants, l’indépendance des décisions judiciaires, et la reconnaissance de partenaires internationaux comme les États-Unis, la France ou l’Espagne.
Un citoyen, faible d’esprit, dans un corps affaibli est plus facile à soumettre.