Comment inciter les chefs d’états africains à lâcher le pouvoir? Ahmedou Ould Abdallah, ex-ministre des Affaires étrangères de Mauritanie et surtout haut fonctionnaire à la retraite de l’ONU, impliqué dans la résolution des crises en Afrique au cours des 20 dernières années, livre ses recettes.
Le 3e mandat constitue la hantise des peuples africains face à des dirigeants qui s’accrochent au pouvoir en manipulant les constitutions. Ce mode de gouvernance politique, qui consiste à transformer la Constitution en vulgaire torchon à adapter aux convenances du chef, frise la caricature avec le Congo-Brazzaville, le Cameroun, la Guinée équatoriale et la République démocratique du Congo. Continuer la lecture

C’est avec un intérêt particulier, Monsieur le Président, que je vous écris directement par le biais de cet éditorial.


La Mauritanie est un pays à économie d’endettement, comme d’ailleurs la plupart des pays du globe, à l’exception de ceux qui abritent des places financières de renom. Or, dans les pays à économie d’endettement, la désintermédiation bancaire de l’emprunt révèle de manière mécanique l’absence des banques dans le financement de l’économie réelle, bien qu’il s’agisse de la première de leurs missions. Au-delà de cette incurie de l’industrie bancaire, la cohabitation entre une économie d’endettement et la désintermédiation de l’emprunt conduit à la dégradation du tissu entrepreneurial qui se poursuivra aussi longtemps que n’aura pas été mis en place un marché de capitaux, capable de drainer l’épargne en quantité et en qualité, et d’en assurer la redistribution aux investisseurs , conformément aux mécanismes boursiers de fixation des prix. L’emprunt est en effet au centre de la performance entrepreneuriale ; on ne peut pas imaginer qu’une entreprise puisse se passer de l’emprunt considéré de manière unanime par les financiers comme le facteur le plus moteur de la croissance interne des sociétés commerciales, bien plus que l’augmentation de capital, les subventions publiques ou autres produits exceptionnels.

Le 10 juillet 1978 raconté à travers les éphémérides apparaît comme un tournant dans l’histoire de la Mauritanie, plongée dans la guerre du Sahara aux côtés du royaume du Maroc.