Le gouvernement mauritanien traîné devant les instances internationales du travail

 Mauritanie: le gouvernement traîné devant les instances internationales du travail

Selon la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), une des plus importantes centrales du pays, «la Mauritanie traîne encore les pieds» dans trois domaines: la lutte contre les séquelles de l’esclavage, la lutte contre le travail des enfants, et la liberté dans la représentativité syndicale.

La confédération annonce la relance d’une plainte devant les instances internationales du travail, notamment la Commission de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail (OIT), gelée depuis 2017.

La sortie de la centrale dirigée par Abdallahi Ould Mohamed, dit Nahah, intervient après la signature d’un accord entre le gouvernement, à travers le conseiller juridique du ministère de la Fonction publique, du travail et de la modernisation de l’administration, et des centrales syndicales affiliées à la Confédération syndicale internationale, intervenue le week-end dernier à Genève.

Parmi les centrales mauritaniennes signataires l’Union des travailleurs de Mauritanie (UTM), traditionnellement proche de tous les pouvoirs.

Le dépôt initial de la plainte dont la relance est annoncée par un communiqué publié au cours du week-end, avait été à l’origine d’une mission du Bureau international du travail (BIT) à Nouakchott au mois de janvier 2017.

Une visite à l’issue de laquelle les parties concernées ont trouvé un accord au sujet d’une feuille de route sur la base de laquelle la centrale syndicale décida alors de geler la plainte.

La CGTM justifie le rejet du nouvel accord entre le gouvernement et les centrales affiliées à la Confédération syndicale internationale (CSI) par une série de remarques compilées dans un communiqué. Elle estime que les signataires «ont fini de concéder au gouvernement un avantage qui est celui de pouvoir continuer à violer la liberté syndicale et les droits des travailleurs d’avoir à choisir librement leurs délégués du personnel, et leurs représentants pour entamer des négociations sociales dans le pays».

La CGTM perçoit l’épisode de Genève comme «une récompense à un gouvernement qui n’a pas été à la hauteur de ses engagements dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route qu’il avait signée avec les organisations syndicales affiliées à la Confédération syndicale internationale (CSI) sous les auspices du Bureau international du travail (BIT), en mars 2017, et qui devait être clôturée en novembre de la même année».

Par ailleurs, poursuivant son réquisitoire la centrale syndicale signale que «le nouvel accord est très en deçà de celui déjà accepté par le gouvernement mauritanien au cours des différentes discussions que la commission des normes du Bureau international du travail (BIT) a eu avec les partenaires».

La centrale syndicaliste ajoute que «sur la question du travail des enfants, l’accord signé récemment n’apporte rien de nouveau non plus, car la Mauritanie a déjà accepté et élaboré son plan et programme de lutte contre ce phénomène.

Mais le problème réside dans le fait que le gouvernement n’a jamais accepté de mettre un seul sou du budget de l’Etat dans ce programme, et attend que la communauté internationale finance ledit programme».

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya

Source : Le360 (Maroc)