J’ai découvert la révolution de 1968 alors que j’étais élève au lycée de Rosso, ancien collège Xavier COPPOLANI, du nom d’un administrateur colonial. À cette époque, l’effervescence gagnait même les lieux les plus inattendus : les élèves se retrouvaient dans un hangar, non loin du lycée, servant habituellement à la vaccination du bétail. Des tribunes y étaient improvisées, et des étudiants venus de l’Université de Dakar s’y succédaient pour prendre la parole. Ils animaient les rencontres, tenaient des réunions et exposaient des lectures marxistes qui nourrissaient les débats.
Dans cette assemblée, la majorité des intervenants étaient maures et halpulaar. Les Soninké y étaient peu nombreux, tandis que les Wolof et les Haratine y étaient totalement absents. Cette configuration ne manquait pas de susciter des interrogations. Si la faible représentation des Wolof pouvait s’expliquer par leur poids démographique limité en Mauritanie, l’absence des Haratine renvoyait à une réalité plus profonde : une société encore marquée par l’esclavage, qui entravait leur accès à l’éducation et au savoir. Continuer la lecture


Autorité ou autoritarisme : un débat au cœur de la gouvernance en Mauritanie. Cette confusion entre autorité et autoritarisme mérite d’être clarifiée.
PANEL Global Forum on Discrimination based on Work and Descent et Inclusivity Project
Je constate une grande avancée positive, significative, dans l’esprit de nombre de mauritaniens, surtout les plus jeunes, concernant la nécessité de régler définitivement le douloureux passif humanitaire. Le pays est beaucoup moins crispé et un « nous » collectif pour cette voie salutaire s’impose de plus en plus dans les discussions que je constate moins polémiques et stériles.