La lettre adressée à Biram Dah Abeid n’est pas seulement un simple exercice de courtoisie intellectuelle, mais aussi une rhétorique du respect qui masque un déplacement politique.
Elle commence dans le registre du respect, de la reconnaissance et de la légitimation du combat. Mais très vite, elle change de centre de gravité. Ce n’est plus l’injustice qui est interrogée, mais la manière de la nommer. Ce n’est plus la structure du problème qui est discutée, mais l’intensité de sa dénonciation. Ce glissement est essentiel car, sous des formes policées, se met en place une opération classique consistant à encadrer la parole critique en la présentant comme un risque pour l’équilibre social. Ce déplacement s’accompagne surtout d’un silence stratégique qui n’est pas neutre, dans la mesure où les faits récents structurant le contexte politique immédiat sont évacués : arrestations de militants abolitionnistes pour avoir dénoncé des cas d’esclavage, incarcération de cadres de l’IRA, et violation manifeste de l’immunité parlementaire à travers l’interpellation de parlementaires abolitionnistes accompagnées d’un nourrisson, immunité parlementaire ignorée et piétinée. Ces éléments ne relèvent pas de l’interprétation mais de faits politiques situés. Leur absence produit une lecture déséquilibrée du réel. Continuer la lecture →
Archives de l’auteur : Mohamed CIRE
L’invective comme alibi d’une justice factice (Réponse de Mohamed Daoud Imagine à Mr. Sneiba Mohamed)
Lettre ouverte à l’honorable député Biram Dah Abeid
Immunité parlementaire piétinée : vers une banalisation de l’exception en Mauritanie / Par Cheikh Sidati Hamady (Conseiller du Président d’Ira Biram Dah Abeid, Expert senior en droits des CDWD, Chercheur, Spécialiste des Discriminations Structurelles, Analyste, Essayiste.)
Dans un contexte où le droit se trouve constamment exposé aux rapports de force politiques, certaines situations révèlent avec une particulière netteté la tension entre norme juridique et réalité institutionnelle, ce qui conduit à inscrire l’affaire des députées abolitionnistes, Mariem Cheikh et Ghamou Achour, mises en cause à la suite de propos politiques diffusés publiquement, dans une réflexion plus large sur la fragilité de l’État de droit. Il existe des moments où le droit cesse d’être un simple cadre normatif pour devenir un révélateur direct des rapports de pouvoir, et c’est dans cette continuité que l’arrestation de ces députées prend sens, dans un contexte où la conflictualité politique tend à reconfigurer les catégories juridiques elles-mêmes. Lorsqu’une élue est privée de liberté et maintenue en détention avec son nourrisson de trois mois, la question ne relève plus uniquement de la régularité procédurale mais engage directement la force effective de la Constitution mauritanienne du 20 juillet 1991 révisée, notamment son article 57 qui consacre l’immunité parlementaire et l’inviolabilité pour les opinions exprimées dans l’exercice du mandat.
كامل التضامن مع سجينات الرأي
Vidéo du 10 avril 2026 de Ould Sneiba
Le régime de Mohamed Cheikh Ould Ghazouani
Le régime de Mohamed Cheikh Ould Ghazouani est tombé plus bas que la terre. Un régime complètement en dérive sectaire dans un chauvinisme primaire contre les ascendants victimes de l’esclavage.
L’histoire, moins bien connue, de 10 siècles d’esclavage des Noirs dans le monde musulman
Le 25 mars 2026 restera à jamais gravé dans l’histoire. L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité. L’ONU a choisi le 25 mars considéré comme étant la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique pour prendre une telle décision.
Cependant, si la traite transatlantique est relativement bien documentée, il n’en est pas de même pour l’autre traite, celle du monde musulman qui a duré plus d’un millénaire et qui a concerné quelque 8 à 17 millions de personnes.
Dans cet article, BBC News Afrique revient sur ce commerce des humains aussi odieux que la traite transatlantique avec les éclairages d’historiens.
Esclavage par ascendance : Conférence de presse du président de l’ASSEP
Mauritanie et diaspora : les militants anti-esclavage sous pression judiciaire
Les arrestations arbitraires et le harcèlement judiciaire visant des militants abolitionnistes suscitent une vive inquiétude en Afrique de l’Ouest et au-delà. En Mauritanie, mais aussi en France, plusieurs défenseurs des droits humains dénoncent une stratégie visant à réduire au silence ceux qui combattent l’esclavage par ascendance. Le cas de Diko Hanoune s’inscrit dans un contexte plus large de pressions exercées contre les voix dissidentes. Continuer la lecture
