Archives de catégorie : Articles & Communiqués

Boubacar Ould Messaoud, figure emblématique de la lutte pour l’abolition de l’esclavage en Mauritanie, n’est plus.

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès, à l’aube de ce jour, de feu Boubacar Ould Messaoud.

Boubacar fut un abolitionniste et un antiesclavagiste d’exception, un défenseur singulier, sincère, convaincu, opiniâtre et constant de la cause haratine. Il a consacré toute sa vie à ce combat — son combat — parce qu’il le vivait personnellement. Il ne manquait jamais de rappeler, avec dignité et courage, l’abjection humaine qu’est l’esclavage, telle qu’il l’avait lui-même vécue, ainsi que sa famille. Il en parlait sans complexe, mais avec lucidité, dignité et une personnalité pleinement assumée.

Toute sa vie durant, il a lutté contre vents et marées, avec détermination, pour l’abolition de l’esclavage, la libération et l’émancipation des Haratines. Il porta ce combat à toutes les occasions et dans de nombreux forums, particulièrement au sein du mouvement El Hor, dont il fut l’un des piliers les plus symboliques, ainsi qu’à travers SOS-Esclaves, organisation qu’il a fondée et qu’il a présidée jusqu’à son départ pour son ultime demeure.

Boubacar nous quitte aujourd’hui, laissant derrière lui une immense tristesse et un vide symbolique difficile à combler. Mais il laisse également un héritage précieux : celui d’un militantisme abolitionniste exemplaire, qui demeurera une source d’inspiration pour les générations à venir.

Que Dieu l’accueille dans Son vaste paradis pour y jouir de la liberté et de la dignité pour lesquelles il a consacré toute sa vie.

Inna lillahi wa inna ilayhi raji‘oun.

  Jeudi 12 mars                                                                                                                                                  Mohamed Daoud Imagine

Le 6 mars ou la mémoire humiliée des Haratines

Le 6 mars est censé être, en Mauritanie, la Journée nationale de lutte contre l’esclavage. Instituée en 2016, elle devait symboliser l’engagement de l’État à éradiquer définitivement les séquelles de cette pratique abolie en 1981 et criminalisée par la loi de 2015 comme crime contre l’humanité.

Mais cette année encore, la célébration s’est déroulée dans une discrétion presque gênée, avec une représentation officielle minimale, donnant le sentiment d’une commémoration organisée à contrecœur, presque en catimini. Une telle attitude ne peut qu’interroger sur le degré réel d’intérêt et de considération que le régime accorde à cette journée, et au-delà, aux victimes de l’esclavage et aux Haratines de manière générale. Continuer la lecture

Mauritanie : arrestations, détentions et poursuites judiciaires arbitraires contre huit défenseur·es des droits humains anti-esclavagistes

L’arrestation et la détention arbitraire de six membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), organisation mauritanienne engagée dans la lutte contre l’esclavage, dont une journaliste, ainsi que de deux lanceuses d’alerte, constituent des actes de harcèlement judiciaire en lien direct avec la dénonciation d’un cas d’esclavage d’une mineure à Nouakchott. L’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, un partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), condamne ces arrestations et poursuites et appelle à la cessation immédiate de toute forme de répression à l’encontre des défenseur·es des droits humains, en particulier celles et ceux luttant contre l’esclavage en Mauritanie. Continuer la lecture

Mauritanie : Décision adoptée par le Comité des droits de l’homme des parlementaires à sa 179e session (Genève, du 2 au 18 février 2026)

Allégations de violations des droits de l’homme
✓ Arrestation et détention arbitraires
✓ Non-respect des garanties d’une procédure équitable au
stade de l’enquête et du procès
✓ Atteinte à la liberté d’opinion et d’expression
✓ Atteinte à l’immunité parlementaire Continuer la lecture

Mauritanie à Genève: entre diplomatie normative et indicateurs préoccupants

61e session du Conseil des droits de l’homme à Genève

Par Cheikh Sidati Hamady
Expert en Droits des CDWD( Gfod). Chercheur associé Spécialiste des Discriminations Structurelles, Analyste, Essayiste.

 

Le 25 février 2026, devant la 61e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Sid’Ahmed Ely Benane, a présenté un tableau résolument positif de la situation des droits humains en Mauritanie. Il a décrit les droits fondamentaux comme un « choix souverain », solidement ancré dans la Constitution, structuré par la Stratégie nationale 2024-2028 et porté par les réformes du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Selon lui, ces droits s’articuleraient avec le développement socio-économique et une gestion « équilibrée » des migrations et de la sécurité au Sahel.
Pourtant, derrière ce discours officiel se cachent des réalités préoccupantes : la persistance de l’esclavage et des pratiques analogues, la vulnérabilité extrême de larges pans de la population, la répression des lanceurs d’alerte et la limitation de la liberté d’expression, dénoncées par des rapports indépendants et des mécanismes internationaux. Continuer la lecture

Le Commissaire aux Droits de l’homme réaffirme à Genève l’engagement ferme de la Mauritanie envers les valeurs de justice, de dignité et d’égalité

Le Commissaire aux Droits de l’homme réaffirme à Genève l’engagement ferme de la Mauritanie envers les valeurs de justice, de dignité et d’égalité Le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Sid’Ahmed Ely Benane, a souligné que les droits de l’homme en Mauritanie constituent un choix souverain, fruit d’une volonté nationale forte, d’une constitution garantissant les libertés et d’une vision réformiste progressant sereinement sur la voie d’une réforme cumulative fondée sur l’auto-évaluation, l’ouverture aux partenariats et le renforcement des institutions nationales. Continuer la lecture

Alerte sur la Mauritanie

Réponse de Cheikh Sidati Hamady à Ould Bakkar : « Quand le vernis analytique craque : autopsie d’un pamphlet mal déguisé en science politique »

Cheikh Sidati Hamady, Expert Senior en Droits des CDWD, Chercheur spécialiste des Discriminations structurelles, Analyste, Essayiste. Auteur de l'article L’école mauritanienne : entre rhétorique officielle et délitement du réel Il existe une différence fondamentale entre l’analyse politique et la polémique approximative. La première exige méthode, rigueur conceptuelle, maîtrise des références et confrontation des faits, tandis que la seconde se contente d’effets rhétoriques, d’accusations suggestives et d’un habillage pseudo-analytique. L’opuscule belliqueux signé Mohamed Mahmoud Ould Bakkar prétend appartenir à la première catégorie, il relève malheureusement de la seconde. À la lecture attentive de sa charge contre Biram Dah Abeid, une évidence s’impose : l’auteur mobilise le vocabulaire de la science politique sans en maîtriser les outils, substitue l’insinuation à la démonstration et confond loyauté nationale avec silence critique. Ce n’est pas seulement une divergence d’opinion, c’est une faiblesse méthodologique manifeste. Continuer la lecture

Ould Bakkar répond à Biram : Biram Ould Abeid… quand le « masque des droits » tombe dans la boue de l’allégeance à l’étranger 

La scène politique mauritanienne a récemment révélé un paradoxe étonnant dont le protagoniste est le député et activiste Biram Dah Abeid. Alors que l’homme se lamente sur une « victimisation » supposée, il oublie — ou feint d’oublier — que le régime qu’il qualifie « d’injuste » est le même qui lui a permis d’obtenir l’accréditation pour se présenter à l’élection présidentielle à trois reprises consécutives, en surmontant des obstacles juridiques et procéduraux qui auraient pu Continuer la lecture

ALLOCUTION DE BIRAM OULD DAH OULD ABEID

Mesdames, Messieurs, chers partisans de la démocratie, valeur aujourd’hui diffamée et bafouée, par les artisans du cynisme pragmatique, ennemis du devoir d’ingérence, toujours en embuscade et solidaires quand il s’agit de bâillonner, de dissuader, bref d’imposer le silence « De la tyrannie ».
Permettez-moi de souligner, ici le titre fameux du penseur Léo Strauss, digne fils de