Archives pour la catégorie Communiqués

Ministre de l’Intérieur : « La Mauritanie a pris des mesures pour une gestion exemplaire de la migration »

Le 18/09/2019 – Le C.R.I.D.E.M.

Le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Dr. Mohamed Salem Ould Merzoug, a indiqué que la Mauritanie a pris une panoplie de mesures nécessaires à une gestion exemplaire de la migration dans ses deux volets légal et illégal, à travers notamment la maitrise de ses frontières et la sécurisation de son état-civil en vue de faire face à la migration illégale. Lire la suite

Un responsable Américain affirme que la Mauritanie a progressé dans la lutte contre la traite des personnes

Le 17/09/2019 – Le C.R.I.D.E.M.

La Mauritanie a progressé dans la lutte contre la traite des êtres humains, « mais le chemin à parcourir est encore long », a déclaré John Cotton Richmond, chef du bureau américain pour la lutte contre la traite des êtres humains. Lire la suite

Une délégation du Département d’Etat américain rend visite au président de la CNDH

Une délégation du Département d’Etat américain rend visite au président de la CNDHDes avancées en matière de lutte contre la traite des êtres humains ont été réalisées en Mauritanie mais il y a encore du chemin.

Une délégation du Département d’Etat américain, conduite par l’ambassadeur itinérant des Etats Unis d’Amérique, M. John Cotton Richmond, qui dirige le bureau chargé de la surveillance et de la lutte contre la traite des personnes, qui se trouve en Mauritanie, a rendu dimanche après midi, une visite à Me Ahmed Salem Bouhoubeyni, président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) à son domicile à Nouakchott. Lire la suite

Des pistes de lutte / Par Mohamed Yahya OULD CIRE

Des pistes de lutte

  1. La cause haratine est sacrée

Il faut la mettre au même niveau que l’indépendance d’un Etat, la souveraineté ou la libération d’un peuple. Elle est un fait non négociable. En effet, le groupe haratine ne peut et ne doit renoncer à sa liberté et l’égalité avec les autres composantes du peuple mauritanien.

  1. L’identité haratine

L’identité haratine doit être revendiquée chaque fois que besoin est.
Cette attitude a un double avantage. D’une part, elle prouve la fierté d’appartenir à ce groupe social que constituent les Haratine. D’autre part, elle démontre le fait d’être débarrassé du complexe d’infériorité lié au statut de l’esclave (Abd) et du hartani (affranchi).

  1. La solidarité entre les Haratine

Une solidarité au sein du groupe haratine s’impose.
Le système esclavagiste place ses victimes dans une situation d’isolement et de vulnérabilité.
Il faut donc, à l’opposé, créer une solidarité entre les Haratine face à toutes les épreuves, à l’image de la solidarité entre les Maures et au sein de leurs tribus. Cette tâche est difficile pour des victimes mentalement aliénées. Cependant, les militants haratine doivent surmonter ces entraves. Puis, par la conscientisation de masse, parvenir à créer cette idée de solidarité entre tous les Haratine.

  1. L’engagement par l’action

Tant que la liberté n’aura pas été obtenue ainsi que les droits y afférents, il convient de mener le combat par tous les moyens. Les exemples sont nombreux: dénoncer un cas d’esclavage avéré, prendre une photo et la poster sur les réseaux sociaux, contribuer à l’instruction des haratine dans une école ou en dehors, écrire dans un journal, conscientiser un individu ou un groupe victime de l’esclavage. Toutes ces contributions sont des facteurs de prises de conscience qui, à la longue, mènent à la libération.

  1. La reconnaissance constitutionnelle

Cette reconnaissance constitutionnelle de la communauté haratine est une revendication fondamentale. Toutes les communautés (Arabe, Pular, Soninké, Wolof) sont reconnues sur le plan ethnique et/ou culturel. Pour une question d’égalité, cette reconnaissance s’impose.
L’abolition de l’esclavage doit avoir pour conséquence non seulement la fin de l’asservissement mais aussi une reconnaissance officielle de la communauté haratine. De plus, la reconnaissance constitutionnelle de la communauté haratine est inséparable de l’égalité raciale. En effet, l’esclavage maure en Mauritanie a un caractère racial puisqu’il ne touche que la population noire.

  1. L’engagement des militants haratine dans les partis politiques

Les militants haratine doivent s’engager dans les partis, autres que ceux dirigés par les haratine.
Si les partis, en question, prennent en compte l’esclavage, l’engagement consistera à renforcer cette position par les idées et la sensibilisation.
Dans le cas contraire, l’action est d’introduire l’esclavage comme objectif du parti choisi et être l’animateur idéologique en son sein.

  1. La discrimination positive

Il s’agit de permettre à un groupe social de rattraper son retard par rapport à la communauté nationale, lequel retard a été suscité par une injustice. C’est le cas de l’esclavage qui a privé les Haratine de leurs droits économiques, juridiques et sociaux. La discrimination positive a été appliquée en Inde, aux États-Unis d’Amérique et en Afrique du Sud, depuis l’accession de la majorité noire au pouvoir. L’État mauritanien doit appliquer une politique dans ce sens pour permettre aux Haratine de se hisser au niveau du reste de la société mauritanienne. Il peut s’agir d’octroi de bourses internes ou externes, de recrutement de fonctionnaires dans la fonction publique ou parapublique, de projets économiques spécifiques à la couche haratine, nominations d’un nombre de ministres, d’ambassadeurs, de consuls généraux, de préfets, de gouverneurs, proportionnellement au poids démographique des Haratine en Mauritanie.

  1. Une réforme foncière et domaniale.

Celle-ci doit tenir compte du fait que les Haratine étaient et restent exclus de la propriété terrienne. Ils ont toujours travaillé des terres qui appartiennent à leurs maîtres sans bénéficier de leurs usufruits. Cette situation est l’une des caractéristiques de l’esclavage. Elle doit être réparée par une juste redistribution des terres. Aussi, cette réforme doit toucher non seulement les terres cultivables mais aussi les terrains fonciers dans les villes, les villages, etc.

  1. Les Haratine sont-ils maures ou négro-africains ?

Cette question fait partie de l’identité : les Haratine sont arabo-berbères (maures) par la culture et négro-africains par l’origine ethnique. Faut-il privilégier la culture à l’origine ou l’inverse ? Ces deux données historiques doivent être prises en compte dans toutes appréciations objectives. En effet, comment nier l’une ou l’autre ? C’est pourquoi les Haratine constituent un groupe social spécifique, différent, à la fois, des Maures par l’origine et des Négro-mauritaniens par la culture. La dignité haratine est d’assumer l’histoire de l’esclavage à savoir, la culture imposée par celui-ci et leur origine négro-africaine dont ils ne peuvent se départir.

  1. Le poids démographique des Haratine

Tout porte à croire que les Haratine sont majoritaires en Mauritanie. Les statistiques françaises de 1964-1965, qui ont tenu compte des ethnies et des groupes sociaux, indiquent que les Haratine (affranchis et esclaves) représentaient 43% de la population mauritanienne. Les Haratine habitent sur l’ensemble du territoire. Ce n’est pas le cas des deux autres communautés que sont les Arabes et les Négro-mauritaniens. Aujourd’hui, ils sont comptés comme des Arabes, alors qu’ils continuent à être exploités, directement ou indirectement, par la féodalité maure. L’Etat sécurise et assure cette exploitation.

Dans le discours de Néma, du 3 mai 2016, Mohamed Ould Abdel Aziz a dénoncé la natalité haratine. Ce qui prouve que les Haratine ne sont pas considérés comme des Arabes au regard du chef de l’Etat. Cette dénonciation est la preuve que la natalité haratine inquiète l’Etat mauritanien et à travers lui, la communauté maure. Les Maures détiennent le pouvoir économique, politique, militaire… Le seul pouvoir qui leur échappe est celui de la démographie. Celle-ci, constitue la richesse des Haratine. Il faut y tenir sans faille. Le but du discours de Néma est d’encourager la dénatalité haratine. L’esclavage est un système visant à enchaîner des personnes pour les dominer et les exploiter. Le discours de Néma vise le même but idéologique.

  1. La création des partis politiques et ONGs haratine


Elle est indissociable de la lutte pour l’émancipation et l’égalité. La seule limite serait la trahison à la cause haratine, à savoir une opposition implicite ou explicite à la libération, à l’émancipation et l’obtention des mêmes droits que les autres communautés nationales.

L’exemple des Intouchables en Inde vient prouver que la création des partis politiques et l’investissement des intéressés eux-mêmes dans les autres partis, leur a permis d’occuper des positions importantes sur l’échiquier politique.

  1. L’espoir

On vit de l’espoir et le désespoir tue. Un combat comme celui de l’abolition de l’esclavage nécessite beaucoup d’espoir. Mais celui-ci se nourrit de convictions, de persévérance et de courage. Le combat est long, épuisant et semé d’embûches. Il faut tenir toujours. A titre d’exemple, la lutte contre l’Apartheid (Afrique du Sud) a duré 82 ans (1912-1994).

NB : Pour plus d’informations, je vous renvoie à ma thèse : L’abolition de l’esclavage en Mauritanie et les difficultés de son application, soutenue en 2006 à l’université Paris II, mais également à mon livre : La Mauritanie entre l’esclavage et le racisme, Editions L’Harmattan, 2014.

Le 30 octobre 2018


Mohamed Yahya OULD CIRE

Président de AHME (Association des Haratine de Mauritanie en Europe)

Site : www.haratine.com

Appel à mettre fin à l’usage du français dans les documents officiels en Mauritanie

Le 09/09/2019 – Le C.R.I.D.E.M.

L’Association de diffusion et de défense de la langue arabe en Mauritanie a appelé à stopper l’usage de la langue française dans les documents officiels du pays, selon un communiqué rendu public lundi à Nouakchott, qualifiant ainsi le français de « langue du colonisateur ». Lire la suite

Mauritanie : Blanchiment et recel d’esclave (La faillite du droit)

Mauritanie : Blanchiment et recel d'esclave (La faillite du droit)Le 1er septembre 2019, la section de IRA – Mauritanie à Arafat, commune de Nouakchott la capitale, découvre l’une des nombreuses situations de servitude, imposée à une fille mineure, Ghaya Maiga, désignée sous divers patronymes, à cause de l’instrumentalisation par le groupe dominant, de l’état-civil en Mauritanie.

Née de mère esclave, elle exécutait des tâches ménagères, en contrepartie d’un salaire mensuel de 20 euros, selon sa mère, chez la famille de ses maitres arabo-berbères, dont une partie de la tribu, originaire de Bassiknou (sud-est) se mobilisait, aussitôt, en vertu de l’esprit de corps.

Il fallait maquiller le crime et ainsi soustraire les contrevenants à la vigilance pénale. Dans une alerte antérieure, nous exposions la nudité des faits, au point de déclencher une intense polémique sur les réseaux sociaux, entre activistes des droits humains et partisans du déni.

D’ailleurs, ceux-ci comptent des parents de la susdite, encore sous le joug de la domination mentale, comme des milliers de descendants d’esclaves, dénommés Hratin. Malgré l’importance des moyens mis en œuvre pour favoriser l’occultation et le classement sans suite, le Procureur de la république de Nouakchott sud, Ethmane ould Cheibani, finira, le 5 septembre, par recevoir la plainte. Mieux encore, il requiert le dépôt en prison préventive, des auteurs présumés de pratiques esclavagistes, d’exploitation et de maltraitances sur mineure, en l’occurrence la maitresse Lalla Mint Cheikh Ould Jiddou, la mère de Ghaya et le beau-père de celle-ci.

Le communiqué de presse du Parquet général, tel que diffusé par l’Agence mauritanienne d’information (Ami) ordonne l’approfondissement de l’enquête et dénonce les auteurs de propos visant à calomnier la victime ; en effet, aux fins de la contraindre à se dédire, elle fut décrite tantôt comme majeure, tantôt mariée, génitrice d’enfants naturel, voire récidiviste de la fornication, ce dernier détail, émis par un transfuge d’IRA – Mauritanie, acquis au services des renseignements, devant justifier la molestation et la flagellation de la victime.

Pour couronner le complot contre la loi et la crédibilité de l’Etat, situation confortée au fil des décennies de fraude et de faux sur les crimes d’esclavage devant les tribunaux, le juge d’instruction du premier Cabinet de Nouakchott Sud, Ethmane Ould Mohamed Mahmoud, refuse de déposer les prévenus en prison et prend le contrepied du Ministère public. Pire, il leur confie la victime Ghaya Maiga. Ainsi livrée à eux, ses tortionnaires la ramènent aussitôt à Bassiknou, distante d’environ 1400 kilomètres, pour la soustraire à toute publicité à la protection du droit.

Non contents de procéder à une opération d’escamotage sous la contrainte physique, les responsables de l’enlèvement se vantent plutôt du forfait, en publiant les images du voyage qu’ils agrémentent de séquences vidéo où ils exultent d’avoir vaincu l’obstination des militants abolitionnistes. Même Tahya Mint Mohamed, fonctionnaire du ministère de la Justice, l’assistante sociale que l’usage et le devoir assignent à la prise en charge des mineurs, exerçait une forte pression sur la victime, afin de l’amener à se récuser ; avec la complicité de la Commissaire de police Aicha Mint Soueid’Ahmed, elle poussera l’audace jusqu’à demander la levée du contrôle judiciaire visant les trois prévenus.

In Fine, un crime contre l’humanité s’achève en farce jouée par des fonctionnaires, des miliciens de l’hégémonie de naissance et des notables de tribu, au milieu du décor de la duplicité, dont les magistrats et le gouvernement assurent la maintenance.

La gravité de la manipulation et son étalement au grand jour dévoilent la banqueroute structurelle d’une gouvernance qui s’est émancipée de la vergogne. L’évolution de l’affaire Ghaya Maiga souligne, en ce 6 septembre 2019, l’alignement de la loi nationale et des engagements internationaux de la Mauritanie, sur la préservation du tribalisme et de l’ethnicité. Aux promoteurs de l’égalité raciale, de l’impartialité des normes et d’un contrat fondé sur l’universalité du droit, l’alternance tant chantée par les uns et les autres n’apporte plus que désenchantement et frustration. La continuité prévaut.

Alors, oui, la lutte non-violente se poursuit, pour l’avènement d’une République sans esclaves ni maitres, débarrassée de la justice de caste et hors du champ d’influence de l’extrémisme religieux et l’oppression esclavagiste, le nouveau visage de la domination.

IRA – Mauritanie appelle ses sympathisants, compagnons de lutte et adhérents, à resserrer les rangs et faire preuve d’inventivité, sur la voie de la persuasion, des marches, rassemblements et manifestations pacifiques, au nom des milliers de Ghaya Maiga, bafouées, violées et frappées, en silence, depuis des siècles !

Voir  vidéo : https://www.facebook.com/diko.hanoune/videos/10221368789588450/

 

Nouakchott le 08/09/2019

La commission de communication

Source : IRA-Mauritanie