Nous savons qu’il est impossible d’écrire l’histoire sans prendre position par rapport aux problèmes politiques, sociaux et culturels, en raison de l’inévitable sélection subjective des faits qui doivent servir à la reconstruction du passé.
Vers la fin des années quatre-vingt, les détenteurs du pouvoir politique à l’époque ont généreusement usé du « droit » à l’impossibilité de l’objectivité en ce domaine. Ainsi,
l’idéologie officielle de l’Etat a imposé une lecture partisane de notre passé national. Selon cette vision, l’actuelle société mauritanienne, majoritairement arabe, descend des tribus arabes, venues essentiellement du Yemen et le mouvement almoravide au XIème siècle préfigure l’Etat national contemporain ; ce qui, dans l’esprit de ceux qui défendent une telle perception, devrait servir de justification, en vue de retrouver l’authenticité culturelle, historique et civilisationnelle, perdue ou menacée de disparition, à cause de l’intermède colonial.
