Mise au point à Monsieur le Président de la République : les intellectuels dits « non positifs » ne sont pas le problème

Identité haratine : ce que vous refusez de voir Mohamed Echriv Echriv, Par Mohamed  Daoud Imigine | Association des Haratine de Mauritanie en EuropeA Kaédi, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a fait un usage remarquable de sa posture de Président de la République en lançant un appel patriotique, moralisateur, louable et réconfortant.

À travers la sagesse politique dont il a fait preuve, il a rappelé des vérités que tous les Mauritaniens connaissent : il n’existe pas de divergences fondamentales entre les différentes composantes nationales, et si des accidents de parcours ont pu survenir, ils doivent être dépassés dans l’intérêt supérieur de la Nation.

On ne saurait mieux dire. Personne ne peut raisonnablement s’y opposer. Ce message mérite d’être salué et l’honore pleinement.

En effet, dans la vie quotidienne — au marché, dans les pâturages, aux puits, aux champs, dans les garages ou sur les marchés de bétail — bref, dans tout ce qui relève de l’informel et du traditionnel, les populations vivent en parfaite symbiose, malgré la persistance de quelques survivances de l’exploitation servile.

Mais là où Monsieur le Président de la République semble avoir failli, c’est lorsqu’il est sorti de sa posture d’arbitre pour stigmatiser les intellectuels dits « non positifs », implicitement désignés comme des facteurs de désunion. Il n’ignore pas, pourtant, que la désunion se manifeste surtout dans la sphère officielle et publique, de manière ostentatoire, depuis plus de deux décennies.  À cet égard, pour reprendre un adage maure, il semble vouloir « laisser le lanceur pour poursuivre la pierre ».

Monsieur le Président sait pertinemment que ce ne sont pas ces intellectuels qui posent problème, mais bien le lourd héritage du régime discriminatoire et gabégique de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, aggravé sous Mohamed Ould Abdel Aziz, et dont il peine encore à corriger les effets, pour peu que la volonté politique y soit pleinement engagée.

Bien au contraire, le rôle de ces intellectuels est plus qu’indispensable pour, non seulement lui rappeler de temps à autre ses engagements, mais aussi l’aider à baliser le chemin de la barque nationale, aujourd’hui surtout, guidée par ses applaudisseurs — ceux de toujours, soutiens inamovibles de tous les présidents.

Le 9 Février 2026
Mohamed Daoud Imigine