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Bref commentaire introductif à propos du livre : « Le génocide voilé » de Tidiane N’Diaye

Dans Le génocide voilé de feu Tidiane N’Diaye : «La traite négrière arabo-musulmane a commencé lorsque l’émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui devait s’arrêter officiellement au début du XXe siècle.» p 10..11

Ici… un passage sur les données introductives du livre de l’anthropologue sénégalais décédé le 26 octobre 2025. Repos éternel à son âme!

Entre 652 et le 9 novembre 1981, la date de l’Ordonnance n°81-234 portant Abolition de l’esclavage en Mauritanie  sous la gouvernance du Comité Militaire du Salut National (CMSN) du Lt- colonel Ould Haidalla, un long temps de 1329 ans s’écoula. Et ce cheminement abolitionniste a du mal à prendre corps sérieusement au sein des contenus religieux et dans les structurations socio-tribalo-communautaires. Les lois modernes initiées par l’Etat provoquent quelques déblocages marginaux face aux résistances de l’ancien ordre organisationnel foncièrement féodalo-esclavagiste généré et entretenu par la nature structurelle de différentes compositions communautaires (arabo-berbères et négro-mauritaniennes). Le récent cas brûlant autour d’une adolescente noire qui vivrait en condition d’esclavage dans une famille à Nouakchott (la capitale mauritanienne), paraîtrait un présent prolongement de cette date référence remontant au 7 ème siècle. Et ce, 1374 ans après, les frictions autour de la question de l’esclavage et ses multiples manifestations ne manquent pas au sein des ensembles sociolinguistiques majoritairement (parfois entièrement) musulmans. En une certaine Afrique noire, l’esclavage idéologiquement islamisé s’est fait coutumier avec rigidités entre membres d’une même communauté sociolinguistique. Le cas soninké en est amplement illustratif où d’aucuns perpétuent un logiciel socio- idéologique qui ne considère pas l’esclavage par ascendance comme une lésion sociale devant être extirpée. On s’y accroche… beaucoup étrangement au nom de l’islam d’ailleurs selon une école religieuse loin d’être quelconque. Une certaine lecture traditionaliste du référentiel religieux est ouvertement esclavagiste…de nos jours. Ce qui déroute intellectuellement en sourdine beaucoup de lettrés religieux au sein de nos communautés affrontant d’énormes contradictions et certains se réfugient maladroitement avec gymnastique derrière des narratifs troublants d’un cercle à un autre en fonction des audiences en face.

La répression violente subie par des militants anti-esclavagistes du mouvement IRA-Mauritanie devant un commissariat de police à Nouakchott hier (06-02-2026) parce qu’ils tenaient un sit-in pour exiger la clarification autour du cas de la jeune fille, est une affaire épisodique du continuum de cet accord d’allégeance racialiste de 652.

Mes pensées de prompt rétablissement aux militants d’IRA blessés.

7 février 2026
Par Koundou SOUMARE
Source : L’écrit osé (blog)

Mauritanie : la violence d’État contre ceux qui luttent pour abolir l’esclavage

Des images insupportables comme cette vidéo circulent dans les réseaux sociaux qui montrent plusieurs militants IRA Mauritanie victimes d’agressions policières gratuitement à cause de l’impunité que bénéficient les auteurs de ces actes odieux depuis plusieurs décennies dans les rangs des soi-disant «forces de l’ordre » qui sont plutôt des forces du désordre dans le pays.

On ne peut pas rester silencieux face à cette barbarie inhumaine qui se déchaîne comme une volonté manifeste de décimer toute contestation en Mauritanie. Continuer la lecture

Esclavage des enfants en Mauritanie : le droit à l’épreuve du déni et de l’impunité

À propos du cas de Nouhe Mint Mohamed, mineure exploitée à Nouakchott Nord

Dans un pays qui proclame l’éradication de l’esclavage et la protection de l’enfance, il est parfois difficile de concilier les normes juridiques avec la réalité vécue par les plus vulnérables. Pourtant, des cas documentés rappellent brutalement que le droit, aussi clair et affirmé soit-il, peut se heurter au déni, à l’inaction et à l’impunité.
L’affaire de Nouhe Mint Mohamed, une enfant de 11 à 12 ans retrouvée en situation d’exploitation domestique à Nouakchott Nord, illustre tragiquement cette fracture entre la loi et sa mise en œuvre effective, mais aussi entre le discours officiel qui prétend « ne pas trouver de cas » et la réalité crue du terrain où des enfants continuent d’être exploités. Cette affaire n’est pas un fait divers : elle constitue un test décisif de la capacité de l’État mauritanien à appliquer ses propres lois et à assurer une protection réelle et effective à ceux qui sont légalement les plus fragiles. Continuer la lecture

Après le colloque du Centre Maghrébin d’Études Stratégiques du 31 janvier 2026 : au-delà des séquelles de l’esclavage, quelques mises au point s’imposent.

Le thème du colloque organisé par le Centre Maghrébin des Études Stratégiques le samedi 31 janvier 2026 — « Les séquelles de l’esclavage en Mauritanie : entre les exigences du développement et instrumentalisation politique » — soulève d’emblée de nombreuses interrogations. Pourquoi parler de « séquelles de l’esclavage » plutôt que de la « question de l’esclavage » ? Pourquoi évoquer « instrumentalisation politique » plutôt que les faillites des systèmes politiques ?

L’exposé introductif du président du centre laisse transparaître quelques éléments de réponse significatifs, malgré une approche qui se veut « scientifique » et une « objectivité » pour le moins mal assumée. Il a dressé un tableau alarmiste, passant en revue les faillites des politiques socio-économiques des différents systèmes et mouvements politiques, avant de conclure sur l’instrumentalisation de la question de l’esclavage par les régimes en place, par les « défenseurs de la cause » (أصحاب القضية) ainsi que par certaines instances internationales. Continuer la lecture

Nouveau souffle : La « corruption populaire »… la « corruption législative »… la « corruption officielle », La trilogie de la ruine nationale

La corruption dans notre pays n’est pas un simple comportement isolé ni l’œuvre de quelques individus dispersés ; elle est devenue — hélas — un système social, culturel, législatif et officiel, dont les composantes se nourrissent mutuellement, jusqu’à former trois niveaux étroitement imbriqués :

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Misère de la pensée politique en Mauritanie : personnalisation, médiatisation et déclin, des analyses structurelles

Entretien avec le Professeur Lô Gourmo Abdoul, membre du collectif des avocats de la partie civileIl n’y a plus Cent fleurs qui s’épanouissent
ni Cent écoles qui rivalisent chez nous.

Depuis plusieurs années, l’analyse politique en Mauritanie tend à se réduire à une seule fleur fanée et à une seule école branlante : presque exclusivement la lecture personnalisée du pouvoir. Les débats publics, médiatiques et même académiques se focalisent de manière privilégiée sur Continuer la lecture

Aperçu général sur l’expérience du Mouvement National Démocratique (MND) en Mauritanie

Ahmed Salem Elmoctar-Cheddad répond à l'UFP : ''Une attaque de l'ennemi est une bonne et non une mauvaise chose'', dixit Mao Tsé-Toung | Le calameL’insoumission et le harcèlement continu des tribus maures seront les facteurs déterminants dans l’accélération de l’occupation coloniale française au début du 20e Siècle.

Cette occupation réalisa également un autre objectif non moins important : la jonction des colonies françaises du nord et du sud du grand désert du Sahara occidental séparant l’Afrique du nord de l’Afrique au sud de ce grand espace saharien. Continuer la lecture

Vœux de nouvel an

A.H.M.E. vous souhaite une excellente année 2026 !

Que cette nouvelle année soit porteuse de justice, de solidarité et d’espoir.
Nous remercions sincèrement nos internautes ainsi que l’ensemble des défenseurs des droits humains pour leur engagement.