Archives de catégorie : Articles

Esclavage des enfants en Mauritanie : le droit à l’épreuve du déni et de l’impunité

À propos du cas de Nouhe Mint Mohamed, mineure exploitée à Nouakchott Nord

Dans un pays qui proclame l’éradication de l’esclavage et la protection de l’enfance, il est parfois difficile de concilier les normes juridiques avec la réalité vécue par les plus vulnérables. Pourtant, des cas documentés rappellent brutalement que le droit, aussi clair et affirmé soit-il, peut se heurter au déni, à l’inaction et à l’impunité.
L’affaire de Nouhe Mint Mohamed, une enfant de 11 à 12 ans retrouvée en situation d’exploitation domestique à Nouakchott Nord, illustre tragiquement cette fracture entre la loi et sa mise en œuvre effective, mais aussi entre le discours officiel qui prétend « ne pas trouver de cas » et la réalité crue du terrain où des enfants continuent d’être exploités. Cette affaire n’est pas un fait divers : elle constitue un test décisif de la capacité de l’État mauritanien à appliquer ses propres lois et à assurer une protection réelle et effective à ceux qui sont légalement les plus fragiles. Continuer la lecture

Après le colloque du Centre Maghrébin d’Études Stratégiques du 31 janvier 2026 : au-delà des séquelles de l’esclavage, quelques mises au point s’imposent.

Le thème du colloque organisé par le Centre Maghrébin des Études Stratégiques le samedi 31 janvier 2026 — « Les séquelles de l’esclavage en Mauritanie : entre les exigences du développement et instrumentalisation politique » — soulève d’emblée de nombreuses interrogations. Pourquoi parler de « séquelles de l’esclavage » plutôt que de la « question de l’esclavage » ? Pourquoi évoquer « instrumentalisation politique » plutôt que les faillites des systèmes politiques ?

L’exposé introductif du président du centre laisse transparaître quelques éléments de réponse significatifs, malgré une approche qui se veut « scientifique » et une « objectivité » pour le moins mal assumée. Il a dressé un tableau alarmiste, passant en revue les faillites des politiques socio-économiques des différents systèmes et mouvements politiques, avant de conclure sur l’instrumentalisation de la question de l’esclavage par les régimes en place, par les « défenseurs de la cause » (أصحاب القضية) ainsi que par certaines instances internationales. Continuer la lecture

Nouveau souffle : La « corruption populaire »… la « corruption législative »… la « corruption officielle », La trilogie de la ruine nationale

La corruption dans notre pays n’est pas un simple comportement isolé ni l’œuvre de quelques individus dispersés ; elle est devenue — hélas — un système social, culturel, législatif et officiel, dont les composantes se nourrissent mutuellement, jusqu’à former trois niveaux étroitement imbriqués :

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Misère de la pensée politique en Mauritanie : personnalisation, médiatisation et déclin, des analyses structurelles

Entretien avec le Professeur Lô Gourmo Abdoul, membre du collectif des avocats de la partie civileIl n’y a plus Cent fleurs qui s’épanouissent
ni Cent écoles qui rivalisent chez nous.

Depuis plusieurs années, l’analyse politique en Mauritanie tend à se réduire à une seule fleur fanée et à une seule école branlante : presque exclusivement la lecture personnalisée du pouvoir. Les débats publics, médiatiques et même académiques se focalisent de manière privilégiée sur Continuer la lecture

Aperçu général sur l’expérience du Mouvement National Démocratique (MND) en Mauritanie

Ahmed Salem Elmoctar-Cheddad répond à l'UFP : ''Une attaque de l'ennemi est une bonne et non une mauvaise chose'', dixit Mao Tsé-Toung | Le calameL’insoumission et le harcèlement continu des tribus maures seront les facteurs déterminants dans l’accélération de l’occupation coloniale française au début du 20e Siècle.

Cette occupation réalisa également un autre objectif non moins important : la jonction des colonies françaises du nord et du sud du grand désert du Sahara occidental séparant l’Afrique du nord de l’Afrique au sud de ce grand espace saharien. Continuer la lecture

Vœux de nouvel an

A.H.M.E. vous souhaite une excellente année 2026 !

Que cette nouvelle année soit porteuse de justice, de solidarité et d’espoir.
Nous remercions sincèrement nos internautes ainsi que l’ensemble des défenseurs des droits humains pour leur engagement.

Quand le progressisme oublie l’esclavage : le Mouvement national démocratique (MND) et la question haratine

J’ai découvert la révolution de 1968 alors que j’étais élève au lycée de Rosso, ancien collège Xavier COPPOLANI, du nom d’un administrateur colonial. À cette époque, l’effervescence gagnait même les lieux les plus inattendus : les élèves se retrouvaient dans un hangar, non loin du lycée, servant habituellement à la vaccination du bétail. Des tribunes y étaient improvisées, et des étudiants venus de l’Université de Dakar s’y succédaient pour prendre la parole. Ils animaient les rencontres, tenaient des réunions et exposaient des lectures marxistes qui nourrissaient les débats.

Dans cette assemblée, la majorité des intervenants étaient maures et halpulaar. Les Soninké y étaient peu nombreux, tandis que les Wolof et les Haratine y étaient totalement absents. Cette configuration ne manquait pas de susciter des interrogations. Si la faible représentation des Wolof pouvait s’expliquer par leur poids démographique limité en Mauritanie, l’absence des Haratine renvoyait à une réalité plus profonde : une société encore marquée par l’esclavage, qui entravait leur accès à l’éducation et au savoir. Continuer la lecture

Autorité ou autoritarisme en Mauritanie. Ultime appel au Président Ghazouany.

Autorité ou autoritarisme : un débat au cœur de la gouvernance en Mauritanie. Cette confusion entre autorité et autoritarisme mérite d’être clarifiée.

En Mauritanie, la question de la gouvernance revient avec insistance. Face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux, certains faucons de la politique mauritanienne appellent à un pouvoir plus dur, estimant que l’autoritarisme garantirait l’ordre et l’efficacité. Les entraves à la liberté d’expression, l’injustice et le deux poids deux mesures dans les décisions judiciaires, administraves et politiques sont légion pour le confirmer. Heureusement il y’a tous ces partisans de l’autorité qui font contre poids à ces faucons et qui estiment que l’autorité est d’abord une question de légitimité. Elle s’exerce dans le cadre des lois et des institutions, et repose sur la confiance des citoyens. Un État fort n’est pas nécessairement un État qui réprime, mais un État qui fait respecter les règles tout en protégeant les droits. Continuer la lecture

L’UNITE NATIONALE EN FRANÇAIS FACILE.

L’interminable débat autour de l’unité nationale se poursuit dans une Mauritanie à la croisée des chemins.
Ceux qui défendent que l’arabe soit la langue de ciment entre les composantes du pays comme le fût la langue française, pourraient avoir raison s’ils avaient pris le temps  » d’arabiser » intelligemment l’administration.
 » arabiser » intelligemment l’administration signifie se concerter avec la minorité « négro-mauritanienne »( la majorité est arabe, haratines + maures)pour préserver son droit à la différence.
Seulement et maladroitement une partie de l’élite maure impose la langue arabe à monsieur tout le monde, y compris à l’élite francophone maure, comme s’il n’existait pas de communauté non arabe dans ce pays. Continuer la lecture