La commémoration du manifeste des Haratines du 29 avril 2026 : l’urgence d’émanciper une lutte haratine fragmentée et sous influence.

Prévue comme une journée de commémoration du manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines, la date du 29 avril 2026 s’est finalement révélée être un moment de rupture pour l’une des tendances rivales et une phase d’entrave et de frustration pour l’autre. Une journée triste pour la lutte des Haratines dont les répercussions peuvent entraîner de lourdes conséquences au regard de la campagnes de dénigrement ayant opposé certains leaders du manifeste. Une journée qui interroge plus que jamais le subjectivisme qui nourrit des divisions politiques au sein de la cause haratine dans sa globalité.
Des divisions fortement instrumentalisées et influencées par le système politique discriminatoire et les forces suprémacistes Continuer la lecture

En Mauritanie, deux députées condamnées à quatre ans de prison pour avoir dénoncé les propos discriminatoires du président

Le tribunal de Nouakchott a condamné, lundi 4 mai, les deux élues mauritaniennes, engagées dans la lutte contre l’esclavage moderne, pour « atteinte aux symboles de l’Etat et diffusion de propos à caractère raciste », après qu’elles ont critiqué le chef de l’Etat, Mohamed Ould Ghazouani.

Deux députées mauritaniennes sous les verrous pour avoir critiqué le chef de l’État

Sur la base d’un flagrant délit sur les réseaux sociaux, deux élues anti-esclavagistes ont été incarcérées et inculpées pour atteinte aux symboles de l’État. L’opposition voit en particulier dans la levée de leur immunité parlementaire la preuve d’une dérive autoritaire du pouvoir.

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Réponse de Youssouph KAMARA à la lettre ouverte de Sneiba MOHAMED

L’auteur de cette lettre se réclame d’une posture exigeante et lucide. Pourtant, à la lecture attentive de son texte, une autre réalité apparaît : celle d’un propos qui, sous couvert de nuance et de hauteur intellectuelle, dissimule mal une forme de malhonnêteté.
D’abord, le choix même de la forme interroge. Adresser une lettre «ouverte» à une personnalité aussi accessible (surtout pour lui) que Biram Dah Abeid ne relève pas d’une nécessité de communication, mais d’un choix délibéré de mise en scène publique. Lorsqu’un interlocuteur est disponible, identifiable et connu pour sa p ههههroximité avec les citoyens, le recours à la lettre ouverte traduit moins un souci de dialogue qu’une volonté de médiatisation.
Ensuite, le texte adopte une stratégie bien connue : envelopper des accusations dans un langage soigné, au point de les rendre presque insaisissables. Parler de «responsabilité», de «modulation», de «désescalade», sans jamais assumer clairement les reproches formulés, revient à accuser sans avoir le courage de nommer. C’est une manière de suggérer sans dire, d’insinuer sans assumer. Continuer la lecture

Derrière l’appel au calme, une tentative de neutralisation politique

L’invective comme alibi d’une justice factice (Réponse de Mohamed Daoud Imagine à Mr. Sneiba Mohamed) 

Les honorables députées Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour ont gravement fauté en outrageant le Président de la République sur les réseaux sociaux. Un tel comportement ne sied pas à leur statut d’élues du peuple, quelles qu’en soient les motivations. Cela mérite d’être dit sans ambiguïté.

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Lettre ouverte à l’honorable député Biram Dah Abeid

Monsieur le Député,
Il est des moments dans l’histoire d’un pays où la parole publique cesse d’être un simple instrument de positionnement pour devenir une épreuve de responsabilité. Nous sommes, me semble-t-il, à l’un de ces moments décisifs. Votre trajectoire, votre combat, votre nom même, ne relèvent plus seulement du registre politique : ils appartiennent désormais à une mémoire collective, à une lutte qui a traversé les consciences et contribué à déplacer les lignes du possible en Mauritanie.

Immunité parlementaire piétinée : vers une banalisation de l’exception en Mauritanie / Par Cheikh Sidati Hamady (Conseiller du Président d’Ira Biram Dah Abeid, Expert senior en droits des CDWD, Chercheur, Spécialiste des Discriminations Structurelles, Analyste, Essayiste.)

Dans un contexte où le droit se trouve constamment exposé aux rapports de force politiques, certaines situations révèlent avec une particulière netteté la tension entre norme juridique et réalité institutionnelle, ce qui conduit à inscrire l’affaire des députées abolitionnistes, Mariem Cheikh et Ghamou Achour, mises en cause à la suite de propos politiques diffusés publiquement, dans une réflexion plus large sur la fragilité de l’État de droit. Il existe des moments où le droit cesse d’être un simple cadre normatif pour devenir un révélateur direct des rapports de pouvoir, et c’est dans cette continuité que l’arrestation de ces députées prend sens, dans un contexte où la conflictualité politique tend à reconfigurer les catégories juridiques elles-mêmes. Lorsqu’une élue est privée de liberté et maintenue en détention avec son nourrisson de trois mois, la question ne relève plus uniquement de la régularité procédurale mais engage directement la force effective de la Constitution mauritanienne du 20 juillet 1991 révisée, notamment son article 57 qui consacre l’immunité parlementaire et l’inviolabilité pour les opinions exprimées dans l’exercice du mandat.

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