Article mis en avant

Quand le progressisme oublie l’esclavage : le Mouvement national démocratique (MND) et la question haratine

J’ai découvert la révolution de 1968 alors que j’étais élève au lycée de Rosso, ancien collège Xavier COPPOLANI, du nom d’un administrateur colonial. À cette époque, l’effervescence gagnait même les lieux les plus inattendus : les élèves se retrouvaient dans un hangar, non loin du lycée, servant habituellement à la vaccination du bétail. Des tribunes y étaient improvisées, et des étudiants venus de l’Université de Dakar s’y succédaient pour prendre la parole. Ils animaient les rencontres, tenaient des réunions et exposaient des lectures marxistes qui nourrissaient les débats.

Dans cette assemblée, la majorité des intervenants étaient maures et halpulaar. Les Soninké y étaient peu nombreux, tandis que les Wolof et les Haratine y étaient totalement absents. Cette configuration ne manquait pas de susciter des interrogations. Si la faible représentation des Wolof pouvait s’expliquer par leur poids démographique limité en Mauritanie, l’absence des Haratine renvoyait à une réalité plus profonde : une société encore marquée par l’esclavage, qui entravait leur accès à l’éducation et au savoir. Continuer la lecture

رد الشيخ سيداتي حمادي على ولد بكار: عندما يتشقق الطلاء التحليلي: تشريح كتيب مقنع بشكل سيئ في علم السياسة

Alerte sur la Mauritanie

Réponse de Cheikh Sidati Hamady à Ould Bakkar : « Quand le vernis analytique craque : autopsie d’un pamphlet mal déguisé en science politique »

Cheikh Sidati Hamady, Expert Senior en Droits des CDWD, Chercheur spécialiste des Discriminations structurelles, Analyste, Essayiste. Auteur de l'article L’école mauritanienne : entre rhétorique officielle et délitement du réel Il existe une différence fondamentale entre l’analyse politique et la polémique approximative. La première exige méthode, rigueur conceptuelle, maîtrise des références et confrontation des faits, tandis que la seconde se contente d’effets rhétoriques, d’accusations suggestives et d’un habillage pseudo-analytique. L’opuscule belliqueux signé Mohamed Mahmoud Ould Bakkar prétend appartenir à la première catégorie, il relève malheureusement de la seconde. À la lecture attentive de sa charge contre Biram Dah Abeid, une évidence s’impose : l’auteur mobilise le vocabulaire de la science politique sans en maîtriser les outils, substitue l’insinuation à la démonstration et confond loyauté nationale avec silence critique. Ce n’est pas seulement une divergence d’opinion, c’est une faiblesse méthodologique manifeste. Continuer la lecture

Ould Bakkar répond à Biram : Biram Ould Abeid… quand le « masque des droits » tombe dans la boue de l’allégeance à l’étranger 

La scène politique mauritanienne a récemment révélé un paradoxe étonnant dont le protagoniste est le député et activiste Biram Dah Abeid. Alors que l’homme se lamente sur une « victimisation » supposée, il oublie — ou feint d’oublier — que le régime qu’il qualifie « d’injuste » est le même qui lui a permis d’obtenir l’accréditation pour se présenter à l’élection présidentielle à trois reprises consécutives, en surmontant des obstacles juridiques et procéduraux qui auraient pu Continuer la lecture

ALLOCUTION DE BIRAM OULD DAH OULD ABEID

Mesdames, Messieurs, chers partisans de la démocratie, valeur aujourd’hui diffamée et bafouée, par les artisans du cynisme pragmatique, ennemis du devoir d’ingérence, toujours en embuscade et solidaires quand il s’agit de bâillonner, de dissuader, bref d’imposer le silence « De la tyrannie ».
Permettez-moi de souligner, ici le titre fameux du penseur Léo Strauss, digne fils de

CHRONIQUES : IL Y A 35 ANS : L’UNITE EN QUESTION … DE HINDOU AININA 

L’Unité Nationale. Un rêve, un beau rêve pour tout mauritanien assez conscient pour voir ce qui se passe. Tout citoyen qui aime sa patrie et veut en faire un lieu de tolérance, d’unité dans la diversité, d‘acceptation mutuelle. Un citoyen assez ouvert pour voir et surtout concevoir que cette terre qu’on aime et claironne à tort et à travers, la qualifiant de terre de contact et de rencontre entre les peuples-doit rester ce qu’elle était toujours: non sans heurts, mais elle l’était quand même. Une terre de rencontre de civilisations Berbères Sanhaja, Négro-africains du Ghana et du Waalo, et, plus tard, les Arabes bédouins, tous-en l’absence d’un pouvoir centralisé- vivaient, chacun dans son domaine, en échangeant leurs cultures et leurs produits.

 

C´est beau de disserter sur ce sujet, si beau que bien des gens le font au risque de déformer certaines réalités passées et d´autres réalités présentes Continuer la lecture

Mauritanie : un arsenal juridique avancé, mais une répression persistante des antiesclavagistes

La Mauritanie dispose aujourd’hui d’un des cadres juridiques les plus élaborés d’Afrique en matière de lutte contre l’esclavage. La législation nationale est sévère, les institutions spécialisées sont nombreuses, et le pays a ratifié plusieurs instruments internationaux majeurs. Pourtant, un paradoxe inquiétant persiste :alors que le droit est clair et ambitieux, les militants des organisations antiesclavagistes continuent d’être exposés à des exactions, des arrestations, des poursuites et des intimidations. Parallèlement, de nombreuses affaires d’esclavage subissent des lenteurs Continuer la lecture