Boubacar Ould Messaoud est décédé le 12 mars 2026 à Nouakchott après une longue maladie. Il fut un abolitioniste convaincu car il a vécu l’esclavage ainsi que sa propre famille.
Dans les années 1980, alors que j’étais diplomate à Paris, il y passait pour se rendre en Russie où il faisait des études d’architecture. Il a été le premier à créer une ONG de lutte contre l’esclavage en Mauritanie dénommée SOS-Esclaves.
En préparant ma thèse en sciences politiques intitulée : « L’abolition de l’esclavage en Mauritanie et les difficultés de son application » soutenue en 2006 à l’Université Paris II, je me suis servi des travaux de SOS-Esclaves pour étayer l’existence de l’esclavage dans la communauté maure.
Boubacar a été arrêtée à plusieurs reprises, mis en prison et a subi des pressions des différents pouvoirs, mais aussi de la féodalité maure. Il n’a jamais renoncé à ses convictions à savoir le combat contre l’esclavage et le racisme.
À l’occasion de son décès, je présente mes condoléances les plus émues et les plus attristées à sa famille restreinte et élargie.
إِنَّا لِلَّٰهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ
Inna lillah wa inna ilayhi raaji’uun
Mohamed Yahya OULD CIRE ainsi que la famille CIRE
À Paris, le 13 mars 2026.

Les arrestations arbitraires et le harcèlement judiciaire visant des militants abolitionnistes suscitent une vive inquiétude en Afrique de l’Ouest et au-delà. En Mauritanie, mais aussi en France, plusieurs défenseurs des droits humains dénoncent une stratégie visant à réduire au silence ceux qui combattent l’esclavage par ascendance. Le cas de Diko Hanoune s’inscrit dans un contexte plus large de pressions exercées contre les voix dissidentes.
L’histoire de l’esclavage n’est pas un passé clos : elle constitue l’une des matrices les plus profondes des inégalités contemporaines. Elle a façonné des hiérarchies raciales, structuré des économies, redessiné des continents et inscrit dans la durée des systèmes de domination dont les effets sont encore visibles aujourd’hui. L’adoption, le 25 mars 2026, par l’Assemblée générale des Nations Unies, d’une résolution qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage des Africains de crime le plus grave contre l’humanité, ne relève donc pas d’un simple acte symbolique. Elle marque une rupture dans le récit international dominant, en reconnaissant enfin 