Chronique : Entre Nous / Sneiba El Kory

Finalement, le champion de la fameuse décennie qui a tant fait lever le monde et ne l’a pas fait asseoir a été élargi avec passeports, babouches made in Morocco, sandales en provenance de Darou Mousti et tee shirts rayées directement venus du Soudan.

Libre comme l’air pour aller faire ses bains de foule nocturnes et écouter comme il l’aime tant Aziz Aziz Aziz scandés par des on ne sait venus d’où. Vous savez, les présidents mauritaniens et les prisons, c’est une longue et vieille histoire. Ils sont combien déjà nos présidents ? Un bon paquet de militaires et deux civils par défaut et trois par excès.

Quasiment tous renvoyés au Gnouf (excusez-moi l’expression Messieurs les illustres présidents). Pourquoi ? C’est pas très important, l’essentiel est que ou c’est l’exil ou c’est la prison. Ce qui est pareil ! Emprisonné ici ou en exil là-bas, ce n’est pas tellement différent.

Les renversements, les emprisonnements et les renversements de sérouals après de tout le monde, nous en sommes les champions toutes catégories. Qui a dit que nous sommes jamais les imbattables en rien. Nous sommes un peuple qui exagère. Ah oui, nous allons très loin même contre nos anciens présidents.

Accuser un président d’avoir fait une guerre insensée et contre des frères puis le renverser pour cela. Passe. Accuser un autre après plus de vingt ans de panégyrique, de glorification, d’applaudissements de ne pas être sur la bonne voie puis le trahir et l’obliger à l’exil.

Passe encore. Mais de là à traiter un président « élu » qui a accepté de partir avec armes et bagages de voleur ! Puis l’astreindre à ne rien faire pendant tout ce temps. Ah, les hommes et les femmes quand ils ne veulent plus d’un président qui était pourtant fondateur.

Que ceux qui sont là à le vouer aux gémonies cherchaient à maintenir encore et encore. Ya que lui qui n’est plus là ! Même ses plus proches accusés avec lui d’avoir dévalisé le pays ont été recooptés en plein jour.

Les actes se suivent et se complètent comme sur une planche de théâtre. Acte 1 puis acte 2 puis acte 3 puis acte de levée du contrôle judiciaire renforcé puis acte de l’annulation de la poursuite puis dernier acte puis rideau. Salut !

Le Calame