Une commission parlementaire enquêtera bientôt sur la
gestion financière de Messaoud
Taqadoumy
Plusieurs députés de la majorité s'attèlent,
dans le plus grand secret, à la mise en place d'une commission d'enquête
visant le président de l'Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheïr. Une
source proche de la conspiration confie, à Taqadoumy, les noms de
quelques-uns des auteurs. Il s'agit de : - Mohamed Yahya Ould Kharchi
- Lalle Mint Hacena Ould Ahmed Lebeïd
- Sidi Mohamed Ould Maham
Il lui est reproché plusieurs irrégularités dans la gestion financière de la
chambre basse, notamment des salaires versé à des employés
"fictifs" dont le militant antiesclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeïd, le paiement
du loyer des domiciles de quelques collaboratrices de Ould Boulkheïr et la
prise en charge de diverses dépenses de certains élus de l'opposition ; notre
source n'a pas réussi à obtenir leurs noms.
L'enquête portera sur les trois dernières années.
Du temps de Ould Taya, le budget de l'Assemblée nationale
s'élevait à 250 millions d'ouguiyas. Il atteindra 1.250.000.000 UM durant la
première transition (2005-2007) sans que l'activité parlementaire reflète
l’amélioration.
C'est justement durant cette transition que les irrégularités les plus
flagrantes auraient été constatées, d'où l'activité récente des enquêteurs ;
par le biais d'une commission d'enquête, ils tiennent à faire porter la
responsabilité de ces écarts présumés à Ould Boulkheïr.
Rappelons que, durant la dernière campagne présidentielle, le candidat Ould
Abdel Aziz avait nommément accusé son rival, Ould Boulkheïr, de détournements
de deniers publics, promettant alors d'apporter la preuve formelle pour étayer
ces accusations. L’engagement n’a jamais été tenu.
Ces dernières semaines, Messaoud Ould Boulkheïr, président du parti Alliance
Populaire Progressiste (APP) appelait à la chute du pouvoir, projet à quoi
s’attèle la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), avec ses deux
autres alliés, Ahmed Ould Daddah et Mohamed Ould Maouloud, respectivement
leaders du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) et de l’Union des
Forces du Progrès (UFP).
Selon l’article 55 de la Constitution, le président de l’Assemblée nationale,
après élection par ses pairs, siège durant toute une législature, soit 5 ans.
Pour s’en débarrasser prorement, le Chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz
devra dissoudre la Chambre basse.
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